| Ecrit par Mésange Bleue,
le 05-06-2009 09:46
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Il était l'heure :
L'heure de se laisser aller,
L'heure, comme une masse, de sombrer,
L'heure de museler les pensées.
Elle était là,
Là comme chaque nuit,
Là, pianotant, lisant, les yeux déjà rougis,
Là, guettant elle aussi le naufrage de la nuit.
Et soudain cette terreur,
Terreur de ces images meurtrières,
Terreur tatouée dans les paupières,
Terreur nauséeuse, laissant dans la bouche comme un goût de terre.
Au sol un homme,
Homme sous le joug d'un couteau,
Homme qui de mourir glapit qu'il est trop tôt,
Homme à terre, atterré, agité de sanglots.
Au-dessus de son cou son bourreau,
Bourreau enfonçant la lame,
Bourreau sans état d'âme,
Bourreau bandant, éjaculant en jets infâmes.
Sanguinolente blessure,
Blessure dégoulinante,
Blessure captivante,
Blessure rouge sang, hypnotisante.
Gargouillis et râles,
Râle du supplicié agonisant,
Râle de jouissance de l'assassin exultant,
Râle du témoin, impuissant.
Un papier, un crayon, des mots,
Mots cachés, prêts à exploser,
Mots finalement éventés,
Mots pour les maux coucher.
Il était l'heure :
L'heure de se laisser aller,
L'heure, comme une masse, de sombrer,
L'heure de museler les pensées.
Alors il s'endormit.
Elle resta là,
Là, avec ses propres peurs,
Là, emmurée dans l'horreur,
Là, à mouiller l'oreiller de ses pleurs.
L'Homme est bien plus sauvage que le loup...
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