Entrer le soleil

Ecrit par Mésange Bleue, le 23-09-2009 07:10


Depuis trop longtemps
Un invisible film de cellophane, à l'origine transparent,
Dorénavant recouvert
De quelques grains de poussière,
Recouvre son petit monde.
Oh, les rais de soleil encore l'inondent !
Mais ils le transpercent, assourdis,
Ne parvenant à embraser sa vie.

Ils étaient heureux,
Jusqu'à ce que cette enveloppe ne tombe sur eux.
Elle les avait enserrés
Dans ses spiralaires lés,
Les ensevelissant
Vivants.
Leur respiration à bout de souffle
Agitait les lieux d'un baroufle
Uniquement perceptible
Par ces habitants au chagrin ostensible.
Le linceul se soulevait le temps d'une inspiration,
Puis de nouveau collait aux peaux, avec obstination.

Mais ce jour-là,
Un geste, un sourire, une voix
Avaient su déchirer la pellicule,
Et d'air leur apporter une bulle.
Portes et fenêtres en grand
Ils avaient alors ouverts, riants.
Timide, la lumière s'était engouffrée,
Chassant les ombres soudain apeurées.
D'un coup de plumeau
Ils avaient amassé les moutons, si gros,
Et dans la brise fraîche de l'après-midi
Les avaient bannis,
Se réjouissant de leurs bêlements offusqués.
Si aux cieux les yeux vous levez,
Nul doute que vous pourrez voir
Ce troupeau errant avec désespoir,
Et se délitant
Au vent.

Quant à eux, ne les cherchez,
Laissez-les en toute quiétude savourer...
De ce bonheur,
Ils ne sont point voleurs !


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