| Ecrit par Mésange Bleue,
le 20-04-2009 00:00
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Société régie
Par la loi du plus fort.
Ou tu te bats avec énergie,
Ou tu te terres et fais le mort.
Depuis tout petit,
Tu persévères, fais des efforts,
Pour épater la galerie
Et prouver que tu existes encore.
Ne surtout pas montrer que tu faiblis,
Qu'au moindre reproche ton ventre se tord.
Tête en avant, c'est ainsi
Que l'on t'a appris à appréhender chaque aurore.
Etre le plus beau, le plus sexy,
Amasser le plus d'or,
Réussir dans la vie...
Il faut que la vitrine attise l'appétit de tes consorts.
Pour cela, supporter les remarques qui déprécient,
Te dévaloriser toi-même - passe encore !
De félicitations ne pas attendre, on ne les dit,
Ce serait reconnaître que l'on fut moins adroit, quelle honte alors !
Courir, courir, courir, sans but précis.
Te réveiller-travailler-avaler, encore et encore.
Les yeux pourtant ouverts, ne pas retenir le temps qui s'enfuit.
Espérer les week-ends, les vacances,... la retraite... un temps-mort.
Contre cette vision t'insurger à l'infini,
Ne pas courber l'échine sous les coups des plus retors !
Laisser libre cours à tes envies,
Ne pas attendre sans bouger les remords.
Chaque jour, veiller à ce que dans ton cœur luise une douce folie,
Pour ne pas partager des humanoïdes le triste sort :
T'adonner à tes passions avec frénésie, boulimie,
De jouir ne jamais te sentir en tort.
Peu m'importe que tu ne sois nanti,
Peu me chaut que tu ne détiennes de record !
Il me suffit que tu croques la vie,
Que tu aimes, rencontres, mettes le nez dehors.
Si tu n'étais que toi mon petit,
Je ne t'aimerais que plus fort !
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