| Ecrit par Mésange Bleue,
le 15-02-2009 08:56
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Au fond de sa poche, la petite clef, chaque jour, tressautait, oubliée...
Ce soir-là, veille de Saint-Valentin, son esprit vagabondait auprès de ceux qu'elle chérissait.
Au monde et son lot de misères elle ne voulait pas une pensée accorder :
La douleur de cette femme mutilée et à tout jamais de ses jumeaux privée,
Le désespoir de cette grand-mère qui avec son petit-fils avait trépassé,
Ou même la bêtise de cet affreux roquet qui le congé maternité désirait écourter...
De tout cela la tête elle voulait se vider,
Pour, sur son univers, se concentrer.
Vers son frère naturellement ses réflexions la poussaient,
Tandis que ses pieds vers le jardin la menaient.
Machinalement, sa main dans la poche elle glissa.
Puis, instinctivement, la clef dans la serrure inséra :
La porte, sur ses gonds, tourna...
L'endroit hibernait
Sous sa couverture de perles de rosée.
Tout était tel qu'elle l'avait laissé.
Pas tout à fait cependant : quelques herbes avaient poussé,
Qu'elle commença par arracher,
Leur toile quelques araignées avaient installée...
Une vieille balançoire, accrochée aux branches d'un chêne, ballottée par un léger souffle de vent, grinça.
Elle s'y installa.
Le temps s'écoula.
Paisiblement le temps elle remontait,
Sautant d'un souvenir à l'autre, presque gaie...
Pleine de cet amour pour l'éternité,
Dans son jardin deux personnes elle eut pour la première fois envie d'inviter.
De ses fleurs elle leur avait déjà apporté des bouquets,
Mais jamais chaque recoin ne leur avait montré.
Ce soir-là, elle leur confia la clef.
Maladroite, elle les assura que, durant leur voyage, dans l'ombre elle se tapirait,
Au cas où des démons, peut-être frères des siens, ils rencontreraient...
A la nuit tombée,
Seule elle revint se promener.
Sous la Lune blafarde elle se mit à trembler,
Le jardin semblait si triste, c'était à en pleurer...
De quel droit ici les avait-elle amenés ?
Sauraient-ils le bon sentier trouver,
Celui qui serpentait entre les gros rochers
Mais qui de sable fin était tapissé ?
La porte elle ne put refermer,
N'ayant plus en sa possession la clef...
Apeurée elle s'en alla coucher,
Espérant que les fantômes sauraient les ménager...
Jamais sur eux elle n'avait jusqu'à présent écrire osé :
Ils font partie de son jardin secret,
De ceux qu'elle aime à tout jamais...
Et pourtant, si vous saviez...
Par pudeur, elle ne les évoque quasi jamais...
Elle qui rédige des fadaises à tout-va sur ses choupinets,
Ne sait son amour exprimer.
Elle croit le leur avoir déjà murmuré
Alors qu'il eut fallu le crier...
Ce jour, sans leur accord, elle se permet de vous les présenter :
Papa et maman,
je vous aimais, je vous aime et je vous aimerais !
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