Echos

Ecrit par Mésange Bleue, le 29-12-2008 00:00


Anxiété,  
  Félicité.
Peurs  
  Bonheur.
Stress,  
  Liesse.
Cauchemars,  
  Fierté affichée aux regards.
Terreurs indicibles,  
  Plaisir indicible.
   
   
Maux de ventre,  
  Secousses dans mon antre.
Nausées,  
  Câlins pour apaiser.
Spasmes étouffants,  
  Chuchotis à mon enfant.
Sensation d'irréalisable,  
  Rêves idylliques d'un avenir sans grain de sable.
   
   
Semaine après semaine, le comptage.  
  Semaine après semaine se précisent les contours du mirage...
   
   
Découverte de son petit "défaut", vite accepté,  
  Le palais de ma princesse sera joliment restauré.
   
   
L'approche du "moisiversaire" fatidique.  
  L'approche d'un "moisiversaire" onirique.
  La volonté de ne pas céder face à la superstition et son acolyte, la panique.
   
Le dépassement du terme que je me fixais comme bout du bout :  
Chaque nouveau jour vécu dans la crainte de l'Ankou,  
  Dans la satisfaction aussi de ne point avoir été courtisée par ce vieux grigou.
   
Et puis cette douleur.  
Ce ventre bien trop tendu.  
Ces haut-le-cœur.  
   
Attendre ?  
  Y aller ?
  Y aller sans plus attendre !
   
  Les examens rassurants,
  Monitoring, échographie.
La décision pourtant  
De me garder en observation plus d'une nuit.  
   
Depuis lors, une foule de rebondissements,  
Impossible de se vider l'esprit sereinement, ne fût-ce qu'un instant :  
Albuminurie,  
   Lili qui grandit.
 Accouchement programmé,  
  Lili va arriver !
  Dernier déjeuner gastronomique, seule avec mes hommes,
  Même Lili joue les Bibbendum !
Travail de la naissance déclenché,  
  Aucune progression régulière de Lili dans la journée.
Streptocoque B sournois bien caché,  
  Antibiotiques dans les veines pour ne pas ma Lili contaminer.
Panique à l'idée de perdre mon bébé,  
  Ma Lili, ma Poucinette, ma jolie poupée...
   
Saignement ininterrompu sans cause apparente :  
Nouvel hématome à l'action fulgurante ?  
Déchirure de la cicatrice à l'intérieur de mon ventre ?  
  Deux femmes à la voix et à la caresse rassurantes,
  Un homme à la poigne blessante,
  Un second à la flamme câlinante, embrassante, émouvante, si réconfortante...
   
  Naissance.
  Bouffées d'epérance.
  Joie intense.
  Amour immense.
  Après la tempête, ce doux silence.
   
  Premiers regards énamourés,
  Premiers câlins, si légers,
  Premiers bisous sur les joues potelées,
  Première "tétée".
   
Premières fausses routes, premiers tracas.  
Ma Choupinette qui sans cesse semble mourir dans mes bras.  
La prendre contre moi,  
La tapoter en la suppliant d'évacuer tout cela,  
Appeler à l'aide, combien de fois ?  
Pleurer, tremblante, sentant l'Ankou s'éloigner lentement, cahin-caha,  
Puis, rageur, traîner la jambe en se promettant de revenir sur ses pas...  
   
  Changement de résidence en cours de séjour,
  Découverte de l'unité kangourou, pour être toujours proche de mon amour.
   
Electrodes placées sur sa peau de velours,  
  Petit cœur bien rythmé, pour lui pas besoin de secours.
Une anomalie pourtant anime des médecins les discours :  
Cette petite langue qui bouche la "narine", empechant pendant le sommeil de l'air le parcours.  
   
  Une position dans le lit à adapter.
  Un petit cocon pour le corps redresser.
  Un biberon enfin bien utilisé.
   
Des soucis en vérité  
Qui la maman font passer  
Des rires aux larmes incontrôlées.  
   
  Le soulagement d'avoir su faire naître cette merveille,
  L'amour inconditionnel rien qu'à la vue de ses délicates petites oreilles,
Le manque de mes hommes dès l'éveil,  
La peur de ne pas savoir être une maman qui suffisamment veille...  
   
Ces symptômes...  
Baby-blues syndrome ?


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