| Ecrit par Mésange Bleue,
le 10-02-2010 15:37
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Elle avait su très tôt qu'elle voulait le faire.
Malgré les craintes de son entourage
- Qu'elle comprenait au demeurant -
Elle s'était battue avec rage
Pour se comporter en mammifère...
Elle avait fléchi pour ses garçons :
Le premier restait trop chétif,
Le benjamin l'avait abîmée.
Les conseils n'ayant été qu'approximatifs,
Elle avait eu peur de ne savoir faire de beaux poupons !
Alors elle avait laissé tomber,
Cédé trop vite à la facilité
Du biberon.
Elle n'avait même songé,
Et on ne lui avait guère suggéré,
Qu'elle pouvait prendre un tire-lait en location...
Plus tard, avait partagé son corps
Un adorable trésor.
Huit mois d'amour...
Elle le pleure encore,
Hurlant chaque nuit à la mort,
Pour toujours...
Le lait était malgré tout monté,
Et la poitrine s'était engorgée :
Pour la soulager, ni bébé, ni médicaments.
Aucun conseil ne lui avait été prodigué.
Dans le lait et les larmes elle s'était noyée,
Orpheline maman.
Alors, pour sa Poucinette-miracle,
Rien n'était désormais trop beau :
Puisqu'elle ne pouvait correctement le sein téter,
Par une tétine elle boirait à tire-larigot
Sans que sa mère face à la machine renâcle !
Sept fois par jour à la maternité,
Elle s'était branchée sur le secteur !
Cela n'avait bien sûr rien de très glamour,
Ces tétons qui se tendaient vers l'entonnoir-aspirateur,
Mais que n'eut-elle pour son enfant supporté ?
Le rythme avait peu à peu ralenti,
La coquinette comprenant vite - intelligence inouïe ! -
Que de s'abreuver plus que de raison il n'était besoin.
Un litre par jour elle avait alors produit,
Jusqu'au premier anniversaire de la chérie :
Le pari était relevé haut la main, il y avait des témoins !
Et puis... Pour tout un tas de raisons
Allant des vacances en famille sur de vieux monts
A la nounou en morceaux,
Il lui avait fallu jeter l'éponge, le cœur furibond.
Du dernier jus, elles avaient fait un moment de passion,
Beau, chaud, sans tomber dans le mélo !
Treize mois et demi tout de même,
Cela valait presque que l'on en fit un poème !
Une page se tournait dans leur vie,
Mais elle connaissait mille autres façons de lui dire "je t'aime" !
Il était peut-être temps de rendre sa poitrine blême
Au Coucou et à ses fantaisies...
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