Préméditation

Ecrit par Mésange Bleue, le 05-09-2009 08:05


Elle savait désormais
Comment tout cela finirait.
C'était regrettable, c'est vrai,
En pouvait-elle mais ?

Il lui fallait mettre un terme à la situation,
Il n'y avait plus d'autre solution.
Ne plus tourner en rond,
Ne plus se poser de questions...

Le plan échafaudé par son cerveau
Rendrait d'ailleurs l'acte presque beau...
Qu'il y perçoive, à l'heure de son dernier "cocorico !",
L'amour qu'elle lui avait porté, sincère et parfois ribaud.

Elle avait bien tenté d'autres stratagèmes :
Explications, rapports charnels, à outrance même !,
Médiations, insultes et blasphèmes...
On en revenait toujours au même !

Oh ! Elle entendait bien ses remords,
Ses promesses. Il y en avait déjà eu pléthore !
A présent, peu importait qu'il implore,
Elle ne se voulait plus laisser influencer par son amant retors.

Cette fois,
L'échappatoire n'existe donc pas !
Inutile qu'avec lui elle s'atermoie,
Ou que sur son sort elle s'apitoie.

La décision est prise,
Même si la technique seulement en théorie elle maîtrise
- Elle eût aimé s'y essayer à maintes reprises,
Mais ne dispose pas du matériel qu'elle idéalise...

Qu'on ne la prenne surtout pas pour une criminelle !
Elle sait que sa folie pourra être jugée accidentelle,
Exceptionnelle même si démentielle,
Et que ce sera la seule fois où tout son être se rebelle.

Jamais elle ne pourrait porter la main
Sur quelqu'un,
Qu'il s'agisse d'un inconnu ou de l'un des siens.
Faut-il qu'il l'ait poussée bien loin !

Monomaniaque,
Elle se répète les différentes étapes de sa traque.
Une nuit, qu'à l'accoutumée plus insomniaque,
Elle mettra en branle l'attaque.

Mais soudain...
S'il venait à la désarçonner d'un revers de la main ?
Penser malin,
Réfléchir bien...

Se regarder, sans indulgence.
Ce ventre, qui lui inspire un tel sentiment de vengeance...
Il lui faudrait faire avec lui alliance,
Le défigurer à jamais en toutes sortes de bombances...

Ainsi il ne pourrait lui échapper,
Sa victoire serait assurée.
Si c'était le prix à payer,
Elle allait donc patienter et s'empiffrer !

Ce problème résolu, elle reprend donc le cours de sa rêverie...
Ils partagent tous deux le même lit,
Nul doute que dans son cou, il viendra encore au cours de la nuit,
L'assommant de bisous doux à l'envi.

Secrètement dans la pénombre,
Un sourire carnassier passera sur son visage, furtif comme une ombre.
Dans son dos elle le sentira, rigide comme un concombre,
Et cette fois, elle le laissera faire, sans encombre.

Lors elle se retournera
Et à leurs jeux coquins se livrera.
Il serait à déplorer qu'il n'y adhère pas,
Il est toujours partant pour cela !

Quand sous elle elle sentira sa fièvre,
Il n'y aura plus de parole mièvre.
Autour de lui elle enserrera ses lèvres
Pour accomplir son travail d'orfèvre.

Ses doigts elle tendra vers son cou,
L'enlaçant et le pressant par à-coups.
Elle aura peut-être un peu de dégoût,
En voyant ses yeux sortir de leur trou.

Il ne pourra se débattre,
Grâce à sa gloutonnerie opiniâtre !
Il comprendra enfin qu'elle ne folâtre,
Le pauvre bellâtre...

C'en sera fini pour de bon,
A ses côtés s'éteindra le moribond.
Elle pourra alors enfin plonger dans un sommeil profond :
Cela fait si longtemps qu'il lui fait faux-bond !

Il aura suffi d'une fois de trop,
D'une envie de câlins qui venait à nouveau
Perturber son repos...
Il aurait dû le comprendre, c'est idiot !, qu'il ne la fallait pas réveiller trop tôt !

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