| Ecrit par Mésange Bleue,
le 07-06-2009 00:00
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Combien de fois ai-je rêvé
Que rien de tout cela n'était arrivé ?
Que les gendarmes s'étaient trompés,
Que ce n'est pas toi qu'ils avaient trouvé ?
Que dans un train tu étais monté,
Que tes chaînes tu avais brisées
Pour l'aventure enfin quêter ?
Que peut-être un mendiant tu avais croisé,
Que tu lui avais offert la charité,
Lui donnant bagues, croix celtique, boucle pour oreille percée,
Et jusqu'aux vêtements que tu aimais à porter,
Pour enfin t'en aller
Le cœur et le baluchon plus légers ?
Que c'est lui qui ce jour-là avait sauté ?
Cette pensée longtemps ne m'a quittée...
Nuit et jour, elle se plaisait à me torturer,
Chaque bruit de la maisonnée
Me faisant sursauter.
Le téléphone se mettait à sonner :
N'était-ce toi qui tes bonnes nouvelles venais me conter ?
A la porte j'entendais toquer :
N'était-ce toi qui d'un bisou venais me rassurer ?
Dans la rue un profil me semblait familier :
N'était-ce toi qui de lointaines contrées
Me revenais, de ton périple, enchanté
Mais fin prêt ta vie à affronter ?
Etait-ce vraiment toi, si inconfortablement allongé ?
Oui, mon homme me l'a affirmé...
Le téléphone continue de sonner :
Jamais plus ta voix je n'entendrai s'épancher, déclamer, ensorceler.
A la porte l'on continue de toquer :
Jamais plus je ne pourrai t'accueillir et d'un bisou te saluer.
Dans la rue, je continue de te croiser :
Jamais plus pourtant je ne pourrai être à tes côtés.
Et pourtant, frérot, je ne cesse de t'aimer.
Je t'imagine volontiers,
Voyageur jamais fatigué,
Etanchant d'un Ailleurs ta curiosité
Et me préparant une petite place, pour l'éternité...
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