| Ecrit par Mésange Bleue,
le 08-04-2009 09:01
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Naître.
Avoir le monde à ses pieds,
De ses sens le découvrir :
Le toucher, le humer, le goûter, l'admirer
Et l'écouter bruire.
Respirer à grandes goulées,
Ses narines dans le vent sentir frémir.
De tous être veillée,
Pour chacun se fendre d'un sourire.
A pleine bouche se sustanter,
Les poings fermés s'endormir.
D'un rien s'amuser,
De la vie jouir.
A tue-tête vocaliser et chanter,
Et se surprendre à rire.
Parfois à grosses larmes pleurer
Et ses commissures à nouveau faire tressaillir.
Se laisser câliner, embrasser.
Chancelante, s'essayer à courir,
Tomber, se relever, s'élancer.
Oser désobéir.
Passent les années
A grandir.
Crêche, école, collège, lycée, université.
Cortège de souvenirs.
Premiers émois et amitiés.
A cet âge, point encore de raison aux soupirs.
A son tour, s'enticher et folâtrer.
Un être, plutôt qu'un autre, chérir.
Un beau jour, couver puis enfanter.
Un petit nid construire.
Aimer, encourager, protéger.
Le bonheur faire jaillir.
Chatouiller, s'ingénier
A ravir, à enivrer de plaisirs.
Parallèlement, travailler, lutter.
Inévitablement, souffrir.
Procrastiner, voyager, profiter, jouer, s'émerveiller,
Lire, devenir, s'accomplir, soutenir, accueillir...
Contre les injustices s'insurger,
Faire le bien pour seul désir.
Parfois bluffer.
Vieillir.
Angoisser.
Et, un jour comme les autres, mourir.
Comme des millions, croire, espérer,
De l'amour pour l'Eternité prédire...
Dupe je ne suis en vérité.
- De cela je passe mon temps à me maudire :
Combien la vie serait plus facile si l'on était assuré au-delà de se retrouver... -
Comment en effet envisager le pire ?
Me dire que mes amours irrémédiablement me seront arrachés,
Que leurs regards je ne verrai plus luire,
Que contre mon cœur je ne pourrai plus les presser,
Que définitivement avec tout cela il faudra en finir.
En moi sans cesse rôde l'anxiété.
Fuir !
Dans mes rêves d'un Ailleurs plonger,
M'empresser les idées tristes de bannir,
Et aimer.
Viendra le temps où je ne pourrai plus reculer,
Où dans ce néant il me faudra m'engloutir...
Soit, mais alors ensemble, les doigts entrelacés,
De tendresse exhaler le dernier soupir.
Et disparaître.
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