| Ecrit par Mésange Bleue,
le 29-04-2008 18:34
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Un premier « amour » qui en fait n’en a jamais été un. La peur, la honte de ne pas avoir réussi à imposer mon « non ». La volonté de ne pas crier de peur d’effrayer mes frères, juste à côté. La honte aussi que l’on me (nous) voie ainsi. L’horreur, l’impuissance. Alors qu’il aurait fallu hurler, se débattre, ne pas se laisser faire et appeler à l’aide, rien que des larmes, des chuchotis et la peur.
La culpabilité. La sensation d’avoir été souillée, de ne même pas avoir été respectée. La solitude.
Le dégoût. Le dégoût. Le dégoût.
La peur aussi de faire du mal aux autres. Le choix de se taire, de ne pas en parler, pas pour le moment en tout cas.
Une gifle comme seul moyen de défense, mais trop tard. Un adieu, au téléphone, clair, puis à nouveau, sur place cette fois (pourquoi ce sentiment que je devais faire ce déplacement, cette impression d’être la méchante, celle qui plaque l’autre ?), qui me rend ma liberté mais pas mon estime de moi, ma confiance en moi. Envolés à tout jamais, ces deux-là…
Un corps et une âme souillés, une « gamine » amochée, qui se renferme petit à petit, qui ne veut pas faire souffrir les autres en leur montrant la laideur. Une horreur cachée, étouffée. La tentative de la broyer, de la dissimuler, de lui sauter dessus pour l’écraser, la faire disparaître à tout jamais.
Un leurre…
Les mois suivants, et même les années suivantes, une étrange réaction, incompréhensible aujourd’hui. Nier ce qui est pourtant bel et bien arrivé, farouchement, essayer de s’en persuader, le taire, à tout prix. Rire de Lui, de ses « grands fêtes », de son accent… En parler, parfois. Etre triste de son sort, parfois. Le revoir, une fois. Quelque part, la satisfaction de voir l’émotion, non dissimulée, dans Ses yeux. Le plaisir de lui plaire visiblement et de Lui dire que je ne suis plus à Lui. Et puis culpabiliser : de L’avoir laissé tomber après avoir entamé des démarches laissées sans suite. Devant les autres, en particulier, le plaindre…
Au fond de moi, loin, très loin, au point que longtemps je refuserai de l’entendre, une toute petite voix qui pleure, une petite fille qui a perdu son innocence, de la façon la plus brutale qui soit, alors qu’elle se sentait a priori en confiance.
NE PLUS JAMAIS FAIRE CONFIANCE A QUICONQUE, MEME GENTIL. NE SE FIER QU’A SOI. NE S’ACCROCHER A PERSONNE. NE PLUS SOUFFRIR.
Une promesse jamais respectée, un trop grand besoin des autres, l’envie d’aimer malgré tout…
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