Mon nid


Et au bout trône une longère

Ecrit par Mésange Bleue, le 26-05-2009 00:00


Cette maison n'est pas en vente, vous vous en doutez et tant pis pour les envieux !
Pour l'acheter, voyez donc dans cent ans, avec les descendants et leurs notaires !

A l'étage pour commencer, une mezzanine pour les amoureux.
L'on s'y câline, l'on y dort, lovés en petites cuillers,
L'on y observe, sur la peau de l'autre, des flammes dans l'âtre les jeux,
L'on y berce, dans le fauteuil à bascule, la petite dernière,
L'on y écoute les bruits de la nuit quand il pleut,
Sous les étoiles, le nez en l'air.

Au pied de l'escalier, de part et d'autre, les chambres des jeunes sexes aux rires joyeux,
Mais chut ! N'y pénétrons point, à eux appartiennent ces tanières.

Un canapé permet de se retrouver devant la cheminée altière, près du feu.
Quelques objets d'art populaire
Témoignent de la vie de nos aïeux :
Lit-clos, baratte, maie, parailler...
Nimbée de lumière, une petite bonne femme vous sourit d'un air radieux.
Là, tout n'est que calme et volupté, malgré quelques grains de poussière !

De l'autre côté, les plus grands se plient en deux
Pour se faufiler jusqu'aux couvercles des soupières.

A mijoter, sur le feu,
Une marmite joufflue, prospère :
Ici l'on aime le "fort bien goûteux",
Les ventres ne crient pas misère.
De la faïence dort sur le vaisselier qui se fait vieux,
Une armoire en merisier digère, héritée du grand-père.

Une porte, à l'accueil chaleureux,
Diffuse à l'extérieur des effluves dignes de chez l'épicière.

Attenante, la salle d'eau, qui un jour, promis, sera rehaussée de bleu :
L'on y fait ses commissions de façon débonnaire,
L'on s'y débarbouille aussi de son mieux,
En sifflotant d'aimables airs.
Des plans de rénovation s'échafaudent, ambitieux,
Alliant praticité, luminosité et ambiance séculaire.

Parvenus dans ce cul-de-sac, l'on ne peut
Que revenir en arrière...

Par la porte, des zinzinulements de mésanges bleues,
Des hortensias florifères.
Des fleurs blanches, jaunes et bleues,
Un jardin ceint d'un muret de pierres,
Quelques arbres moussus mais valeureux.
Une pelouse rase, parsemée de taupinières.

Un recoin, pour l'ange silencieux,
Invite à caresser la terre.

Pour prendre le temps, et l'air.
L'on s'asseoit sur un petit banc pierreux.
En prenant du recul, juste un peu,
On la découvre enfin tout entière.
Vêtue d'une glycine qui fleurira sous peu,
La façade, avenante, hospitalière.

Et au bout d'un chemin caillouteux,
Trône une longère...


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