Les déferlantes - Claudie Gallay

Ecrit par Mésange Bleue, le 16-12-2009 15:38


La beauté âpre des éléments, le ton sombre, mélancolique, douloureux, la force des émotions, la sobriété des mots, m'hypnotisent.
La "couturière des morts", cette femme qui presse sur son sein son bébé envolé, la petite cigogne... Tous ces personnages qui luttent contre vents et marées me parlent et me bouleversent. Jusqu'à la narratrice, toujours dans les bras de son amour, mais qui a tant besoin d'aimer encore ; l'orphelin qui revient sur ses pas pour comprendre... Et ce Théo, qui laisse derrière lui, à tout jamais, sa Florelle, sa maison, ses chats...

Les pages se sont tournées trop vite, le livre attend que je le caresse à nouveau des yeux. Il me tarde aussi de le faire... Car depuis que je l'ai lu, je rêve de me retrouver seule, sur une île sauvage tourmentée par les tempêtes, pour braver le vent et la pluie, m'étourdir d'iode, me replier dans une maisonnette dont les volets claqueraient sous les bourrasques, et écrire...

"On m'avait avertie : quand ça va commencer, il faudra plus être dehors.
Les pêcheurs ont vérifié une dernière fois les amarres des bateaux et ils sont partis, tous, les uns après les autres. Un rapide coup d'oeil de notre côté.
Les hommes sont plus forts quand la mer remonte, c'est ce qui se dit ici. Les femmes profitent de ces moments pour se coller à eux. Elles les saisissent là où ils sont, au fond des écuries ou dans les cales des bateaux. Elles se laissent prendre.
Le vent sifflait déjà. C'était peut-être ça le plus violent, plus encore que les vagues. Ce vent, qui chassait les hommes."



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