| Ecrit par Mésange Bleue,
le 26-05-2009 18:06
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Une mère attend.
Une date-anniversaire.
Un téléphone qui ne sonne pas.
« La date. Ils n’y ont pas vraiment songé. Ce soir, ils sont pleins d’amnésie, mais demain ? Demain, ils se souviendront peut-être et ils s’en voudront de ne pas y avoir pensé à temps. Mais ils n’appelleront pas demain, parce que c’est le jour précis, n’est-ce pas, qui ne doit pas être oublié. »
Plus personne autour d'elle.
Plus personne pour pleurer avec elle l'adolescent qui s'est suicidé il y a près de vingt ans.
Plus personne pour compatir à sa douleur.
Le culte du souvenir.
Le huis-clos avec l'enfant mort.
La souffrance, incomparable, bercée, aimée.
Le statut de la femme en deuil, presque héroïque.
Et la rancune face aux autres, qui oublient, qui vivent, indifférents.
«Tu as la nostalgie de ces périodes anciennes où tu étais mieux célébrée dans le souvenir de ta perte. Car c’est une perte dont tout le monde admet qu’une mère ne puisse jamais se consoler. Tu es consciente de ta précellence, tu as su l’exploiter tout de suite. A la date anniversaire, pendant des années, tu as reçu des fleurs, toujours des lys blancs (…) Les lys blancs pour le jour de la mort, les lys blancs pour le jour du silence… »
Une écriture précise, insinuante, parfois scandaleuse, dérangeante.
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