| Ecrit par Mésange Bleue,
le 23-10-2008 22:26
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Nos regards ne se sont jamais croisés :
Quelle était la couleur de tes yeux derrière tes délicates paupières fermées ?
Y aurais-je trouvé les pépites qui, dans les miens, le cœur de ton papa ont fait chavirer ?
Ton regard était-il celui d'un charmeur qui aurait su tous nous amadouer ?
Nous ne nous sommes jamais câlinés, peau contre peau :
Combien douce était la tienne, sur ton bidon, dans ton dos ?
Comme tes deux frères, aurais-tu souvent voulu te blottir contre moi, bien au chaud,
Sans bouger, juste en nous aimant l'un l'autre, sans un mot ?
Nous n'avons jamais échangé de bisous :
Aurais-tu préféré les tout petits, tout doux,
Ceux dans le cou, derrière les genoux (!),
Ou aurais-tu chaque fois écrasé de toutes tes forces ton nez contre ma joue ?
Nous n'avons jamais joué, gazouillé, souri ensemble toi et moi :
Quels auraient été le son de ta voix,
De tes pleurs ou de ton rire celui des éclats ?
Nous n'avons pas grandi ensemble, toi mon bébé, moi ta maman :
Quels auraient été tes premiers sons, tes premiers mots d'enfant ?
Qui aurait motivé tes premiers pas, quel jouet, quel plaisir gourmand ?
Je n'ai pas pu te féliciter, t'encourager,
Ni même te gronder !
Et pourtant...
Tu vis en moi mon cœur, si tendrement...
Toujours près de moi je te sens,
Nous avons passé huit mois ensemble,
Huit mois, merveilleux, à jouer à cache-cache :
Malheureusement aucun de nous deux n'est parvenu à découvrir l'autre...
Nous nous sommes touchés, par ventre interposé :
Je connaissais tes pieds, tes menottes,
Tu ressentais mes caresses...
Tu connaissais ma voix,
Mon rire qui te faisait tressauter...
Puis, seule, si peinée,
Je t'ai admiré,
Bercé,
Câliné,
Bisouillé,
Des mots d'amour je t'ai murmurés...
Avec un peu plus de sérénité désormais,
Je te pleure à tout jamais,
Guettant tout de même l'amour partout où je vais,
T'associant sans cesse à mes instants gais.
Combien je t'aime...
Dit c'est dit pour l'infini de jours !
Ce matin, une mésange bleue m'attendait près de la fenêtre...
Bon anniversaire mon bébé.
Tu me manques. Atrocement.
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