Mes bras t'ont perdu,
Sans te retenir avoir pu,
Malgré tout l'amour que je te portais.
Fragile,
Ta vie ne tenait qu'à un fil.
Je n'imaginais que béait une plaie...
Lorsque mes yeux se rouvrirent,
L'on m'expliqua que tu allais dorénavant dormir.
À tout jamais.
Puis l'on te mena en catimini jusque moi.
Timidement, du bout des doigts,
Enfin je te caressai.
J'avais tant d'effroi au fond du cœur,
Tant de détresse, les yeux noyés de pleurs,
Et tant d'émoi malgré tout je ressentais...
Rien n'a changé aujourd'hui:
Je te protège encore de mes deux mains au creux des nuits,
Comme si en moi tu bougeais.
Mes bras restent pourtant vides de toi, irrémédiablement.
Mes mots d'amour vont ma gorge étouffant
Puisque je ne peux que les ravaler, en secret.
Ce matin, timidement, du bout des doigts,
Ma guitare je caresse pour toi.
Et je sais que nous nous reconnaîtrions si au Paradis l'on se rencontrait...
Bien maladroit est encore mon jeu,
Je ne parviens à le rendre léger, presque joyeux.
Il y a sept ans tu t'envolais...
J'ai en mon sein tant d'effroi,
À l'idée de poursuivre mon chemin sans toi,
Et tant de détresse de réaliser que jamais tout contre moi je ne te serrerai...
Et pourtant...
Tant d'émoi je ressens
Puisque je suis ta maman, à tout jamais...
Je t'aime mon amour,
Je t'emporte avec moi. Pour toujours.
Feu... de joie ?
Ecrit par Mésange Bleue,
le 20-06-2010 23:40
S'en va sous la voûte étoilée,
Pour mieux ses larmes dissimuler...
Vents, ne craignez de la soulever,
Bousculez-la, sans toutefois la brusquer,
Qu'elle ressente, encore, un brin de légèreté...
Quant à vous, si la croisez,
Comme si les perles au coin de ses yeux n'aviez remarquées
Envers elle agissez.
Tout juste, peut-être, lui déposerez
Le plus doux des baisers,
Comme l'on embrasse un ami attristé...
Ensemble alors sourirez,
Puis un grand Feu allumerez
Et, sous les crépitements, au vent, d'utopiques rêves sèmerez...
Dans la Lune
Ecrit par Mésange Bleue,
le 08-06-2010 22:45
Les yeux au ciel,
Larmes de pluie sous pluie d'étoiles.
Mais les pieds sur terre, parfois se soulève le voile,
Un rai de soleil suffisant alors à engendrer l'arc-en-ciel...
Trop
Ecrit par Mésange Bleue,
le 25-04-2010 00:00
Trop.
Trop longtemps.
Que tu es parti,
Que je suis vide de toi,
Que tu me manques,
Que je te voudrais à nos côtés,
Que je te pleure,
Que je hurle en moi-même,
Le son ricochant contre ma boîte crânienne à m'en rendre folle.
Trop longtemps.
Que je poursuis mon chemin sans toi,
Que je guette cochonnets et mésanges
Alors que je ne devrais contempler que toi.
Que je souffre, mon amour.
Trop.
Trop longtemps encore.
Avant de m'envoler.
Sans même l'espoir de te retrouver...
Introversion
Ecrit par Mésange Bleue,
le 23-10-2009 21:42
Blessure béante.
Le sang aux noires humeurs
S'écoule sans fin de la plaie purulente.
La femme est étendue sur le sol
Et gémit.
Elle sent bien qu'autour d'elle le Monde s'affole.
Oui, l'on s'agite autour d'elle,
Mais pas pour elle.
Grève du zèle.
Car tout va trop vite.
Nul n'a d'yeux pour la pauvre créature
Qui, petit à petit, souffle après souffle, nous quitte...
Chacun à ses occupations vaque
Tandis qu'elle est agitée
De soubresauts cardiaques.
Elle est mon amie, ma sœur, mon alter ego.
Sans détourner comme les autres le regard,
Je m'assieds à ses côtés, dans le caniveau.
Sur ses épaules je jette ma veste,
La ceignant de l'étreinte de mes bras,
Commettant ainsi presqu'un inceste...
Comme chaque matin, je la relève,
Supportant sa chétive carcasse.
Devant l'indifférence générale, j'endêve.
Sur un banc déserté, je l'installe et nettoie la laide entaille
Qui lui balafre, suintante, depuis six ans l'abdomen.
D'horreur tout mon être tressaille.
Sa langue soudain s'active,
Crachant les mots les uns après les autres,
Evoquant sa maladie abortive.
Voilà six ans en effet que la chair de sa chair,
Son enfant, son petit garçon si mignon,
Lui a été arraché de terrible manière.
Il ne lui a pas été donné, hurle-t-elle,
De serrer contre son sein
Le petit être qu'elle sentait gigoter en elle.
Elle invective Dieu et ses saints,
Pleure à chaudes larmes,
Expulse son chagrin tel du venin.
Sa langue désormais court :
Oh, elle a connu de grands bonheurs
Et croule même sous trop d'amour !
Mais elle sait bien,
Que la douleur jamais ne disparaîtra.
Alors elle avoue que l'insouciance, la gaieté, elle feint...
Je l'écoute,
Attentivement, avec compassion et empathie :
Que jamais, par pitié, tant de souffrances ne surgissent sur ma route...