| Ecrit par Mésange Bleue,
le 21-05-2008 14:31
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J'ai perdu mon troisième oisillon le jour où nous fêtions la fin du huitième mois de grossesse... On ne pense généralement pas que l'on peut perdre son bébé si tard...
Ce jour-là, très tôt le matin, j'ai ressenti une douleur abdominale fulgurante qui m'a réveillée. Je me suis malgré tout rendormie...
Au réveil, elle était toujours là, tenace. J'avais l'abdomen très douloureux, tendu.
D'autres "symptômes" sont petit à petit survenus, très semblables à ceux d'une gastro-entérite (au point que mon médecin aussi a pensé que c'était mon problème. Il ne m'a envoyée à l'hôpital que parce qu'il lui semblait que mon bébé s'était retourné et qu'il trouvait préférable de le "remettre à l'endroit").
Je n'ai eu aucune hémorragie de sang noir, ni de contractions utérines rapprochées de forte intensité.
Plus tard, j'ai appris que j'avais fait un hématome rétro-placentaire (HRP) majeur. C'est une complication très grave de la grossesse, qui met en jeu la vie de la mère et du fœtus. Elle est responsable d'une hémorragie parfois massive développée entre le placenta et l'utérus. Lors d'un hématome rétro-placentaire, le décollement prématuré du placenta, auparavant bien inséré, entraîne une souffrance fœtale aiguë (car la partie décollée prématurément du placenta ne participe plus aux échanges fœto-maternels qui sont nécessaires à la survie du fœtus et entraîne donc une diminution de l'apport d'oxygène) et un risque de décès maternel. Il s’agit d’une urgence obstétricale absolue qui se solde par une césarienne en urgence si le foetus est toujours vivant et si le terme le permet. La mort foetale est malheureusement fréquente.
Dans mon immense malheur, j'ai eu "la chance" que mon petit ange soit encore en vie lorsque je suis arrivée à l'hôpital : j'ai lu sur de nombreux forums que les mamans dont le bébé était mort in utero avaient dû accoucher par voie basse. Je comprends que cela soit moins dangereux pour la vie de la maman, mais cela me semble tellement inhumain...
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